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dimanche 7 janvier 2024

Roman français - « La vie heureuse » passe-t-elle par la mort ?

Les personnages principaux du nouveau roman de David Foenkinos croisent la mort. Et leur vie n’en est que plus heureuse. 



En pleine semaine de remaniement ministériel, le roman La vie heureuse de David Foenkinos apporte un éclairage intéressant sur la formation de ces équipes chargées de se mettre au service de la Nation. Même si ce n’est pas le cœur de l’histoire, cette plongée dans la vie d’un ministère et de ses équipes de conseillers est édifiante. Amélie, directrice de cabinet du secrétaire d’État au Commerce extérieur, est chargée de recruter quelques pointures pour épauler ce membre du premier gouvernement sous l’ère d’Emmanuel Macron. Elle a l’idée de proposer un poste à Éric Kherson, directeur commercial de Décathlon, qu’elle a connu au lycée à Rennes. Éric, séparé, y voit l’occasion de se relancer professionnellement. Amélie ne regrette pas son choix tant il est bosseur.

La bascule a lieu à Séoul. Le binôme doit rencontrer le PDG de Samsung pour vendre l’installation d’une usine en France. Éric, après une nuit de flirt avec Amélie, ne va pas au rendez-vous. Il est en plein doute existentiel : « Au fond, cette réunion avec Samsung n’avait aucun intérêt. Il se mentait. Jouait un rôle, rien de ce qu’il vivait n’avait la moindre saveur. […] Il ne voyait tout simplement plus le sens de ce qui lui apparaissait comme une épuisante comédie. » En déambulant dans Séoul, il découvre un nouveau concept qui fait fureur en Asie : l’organisation de ses propres funérailles, avant l’échéance fatale. Se voir mort, pour mieux vivre, après.

S’il est beaucoup question de bonheur, de vie heureuse et d’épanouissement personnel dans ce roman, paradoxalement le sujet central reste la mort. Cette fin inéluctable, que l’on n’ose pas regarder ni même envisager. Le message est simple : apprivoisez votre mort et vous profiterez pleinement de ce qu’il vous reste à vivre. Un peu angoissant, mais salutaire d’après l’auteur.

« La vie heureuse » de David Foenkinos, Gallimard, 208 pages, 19 €

dimanche 22 août 2021

Cinéma - Quand “Les fantasmes” vont par six

 Karin Viard et Jean-Paul Rouve, du fantasme au jackpot. Gaumont

Faire un film sur les fantasmes n’a pas été évident à mettre en place pour Stéphane et David Foenkinos, passionnés de création qui se révèlent parfaitement complémentaires. Face à la diversité des pratiques abordées, ils ont opté pour un film à sketches. Une solution qui permet en plus d’afficher une distribution de prestige, de Monica Bellucci à Jean-Paul Rouve en passant par Carole Bouquet ou Denis Podalydès. Le film est composé de six sketches sur six fantasmes très spécifiques comme la dacryphilie en passant par la beaucoup moins drôle taphophilie. Les deux réalisateurs ont soigneusement choisi les fantasmes à mettre en scène car ce devait être à la base une comédie. Pas un film graveleux, mais de ces distractions intelligentes qui permettent au public de sortir plus instruit, voire plus ouvert. Car les frères Foenkinos ne sont pas “dans le jugement”. Les spectateurs, seuls ou en couple, pourront apprécier les différentes histoires et se reconnaître (ou pas) dans ces relations parfois compliquées.

 ■ Les pleurs de Bedos 

Parmi les comédiens sélectionnés, on trouve des habitués au monde des Foenkinos (Karin Viard et Jean-Paul Rouve réunis pour un sketch final presque en forme de biopic, aux spectateurs de découvrir de qui), Nicolas Bedos, excellent dans un rôle pour tant très compliqué puisqu’il a passé, littéralement, quatre jours à pleurer toutes les larmes de son corps. Denis Podalydès, dans le premier sketch, prouve l’immensité de son talent dans ces jeux sexuels provoqués par sa femme interprétée par Suzanne Clé ment. Cette dernière, lasse de la routine après 19 ans de mariage, propose à son petit comptable de mari d’interpréter des rôles. Il se prend au jeu, devient policier ou médecin et prouve qu’un homme quelconque peut se transformer en excellent dramaturge s’il y a comme récompense l’excitation de sa compagne. Mais gare aux excès de réalité. 


De l’humour dans Les fantasmes, mais aussi beaucoup de noirceur. Comme dans ces films à sketches italiens que les deux frères, cinéphiles assumés, aiment tant. Et dans cette catégorie, la palme revient à l’histoire portée par Carole Bouquet et Monica Bellucci. Deux icônes  du cinéma, elles-mêmes souvent ramenées à l’image de fantasmes pour quantité de spectateurs, jouant avec les émotions autour de la mort. Des rôles inhabituels dans leurs parcours mais qu’elles ont immédiatement accepté car c’est un bonheur pour ces grandes comédiennes de pouvoir sortir des sentiers battus. Au final le spectateur a droit à une comédie intelligente, émoustillante et inventive qui devrait facilement plaire au public en mal de bon cinéma. 

➤ Film français de Stéphane Foenkinos et David Foenkinos avec Karin Viard, Jean-Paul Rouve, Ramzy Bedia, Carole Bouquet,