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vendredi 5 mai 2017

De choses et d'autres - Classe chahuteuse

Difficile d’établir une analyse politique du débat du second tour. Comment comparer le fond des projets quand la forme prend le dessus ? La « combativité » de Marine Le Pen, selon son camp, ressemblait plutôt à une « agressivité » empêchant toute argumentation sérieuse. L’analogie avec une salle de classe est frappante. A l’opposé cependant de la remarque douteuse de la candidate du FN sur la volonté d’Emmanuel Macron de « jouer à l’élève et au professeur ».
Le leader d’En Marche ! Tenait plutôt le rôle de l’étudiant qui a consciencieusement préparé un exposé. Mais arrivé devant ses camarades, au moment de présenter son travail, se retrouve face à une classe chahuteuse. Avec dans le rôle du cancre, celui qui redouble et n’en a plus rien à cirer de ses notes, une Marine Le Pen intenable. A chaque début d’explication de l’élève Macron, Le Pen lui jetait une boulette de papier, faisait du bruit pour distraire l’auditoire ou multipliait les grimaces dès que le professeur tournait le dos. Car ceux qui en jouaient le rôle, totalement débordés mercredi soir, étaient ces deux pauvres journalistes, tombés dans un véritable guet-apens face à la totale impunité dont semblait se délecter la représentante de l’extrême droite.
Durant deux heures ce ne furent que provocations, ricanements et anathèmes. Avec la volonté affichée de faire sortir de ses gonds le favori. Il a eu du mérite de ne pas craquer. Mais comme le chantait Souchon, « Tar’ ta gueule à la récré ! » 

(Chronique parue le 5 mai 2017 en dernière page de l'Indépendant)

vendredi 7 avril 2017

De choses et d'autres - Final à l’arrière-plan

Ce débat à 11 avant le premier tour, inédit, mérite un ultime commentaire. Non sur le plan politique, de moins en moins important malheureusement, mais sur les conclusions, dernier message diffusé à plus de minuit. Face à la caméra, les candidats ont quitté l’improvisation pour tenter de délivrer une péroraison convaincante.
Premier choc avec Marine Le Pen. Pas tant son discours que la personne à l’arrière-plan. Une dame aux cheveux gris peu souriante. Le flou de la profondeur fait qu’elle ressemble trait pour trait à Penelope Fillon. Un sosie, embauché par le Front National pour déstabiliser le candidat Les Républicains ? Non, mais encore une histoire de famille puisqu’il s’agit de Marie-Caroline Le Pen, grande sœur de Marine. Fâchée avec le père, l’aînée a renoué avec sa cadette au point de s’asseoir au premier rang.
J’ai tenté d’écouter ce qu’a dit François « en vertu de l’article XX de la constitution » Asselineau. Mais mon attention a été accaparée par un jeune placé derrière lui, petite barbe bien taillée. Il semble souffrir d’une maladie rare, genre syndrome de la Tourette version clin d’œil. Ses paupières ne cessaient de s’ouvrir et se fermer deux à trois fois par seconde. Inoffensif, mais totalement fascinant.
Benoît Hamon s’est essayé à la poésie pour énumérer la diversité des Français qu’il veut rassembler, les Bretons, les Catalans, ceux qui viennent du pays Dogon, des « rives du fleuve Sénégal » ou qui ont « laissé derrière eux l’odeur du jasmin d’Alger ».
Enfin, respect à la « figurante » derrière Emmanuel Macron, au sourire figé du début à la fin, tête penchée, telle une Madone écoutant religieusement son mentor. 
(Chronique parue le 7 avril en dernière page de L'Indépendant)

jeudi 6 avril 2017

De choses et d'autres - Se retrousser les manches

Long ce débat à 11. Très long. Mais pour les chaînes d’info, notamment BFMTV, il fallait continuer dans la foulée à le transformer en événement historique et dé- crypter immédiatement les interventions des uns et des autres. Un « After débat » avec en plateau des journalistes politiques habitués des projecteurs.
Parmi eux, Anna Cabana du Journal du Dimanche n’a pas caché sa stupéfaction face à l’attitude de Philippe Poutou. On sentait que la désinvolture du candidat du NPA, son vocabulaire, jusqu’à ses vêtements l’ont heurtée. On peut ne pas être d’accord avec les propositions d’un candidat. Mais pourquoi juger son apparence plutôt que son programme ? Anna Cabana n’a pas aimé que Poutou ne participe pas à la photo de famille. « Et alors ? » pourrait-il répondre comme d’autres. S’est-il rendu sur le plateau pour se retrouver immortalisé à côté de Marine Le Pen comme Nathalie Arthaud qui doit maudire le tirage au sort ? Sûrement pas. Elle stigmatise le fait qu’il ne porte pas de veste. Voire de costume. Attention, sujet sensible.
Enfin elle a osé cette incroyable critique en affichant une moue de dégoût très perceptible : « Il s’est retroussé les manches ». Rappelons à Mme Cabana que Philippe Poutou, ouvrier, incarne la signification de l’expression. Souvent sur un chantier ou une chaîne de production, on doit effectivement se retrousser les manches. Un monde abstrait pour des journalistes politiques totalement coupés des réalités. 
(Chronique parue le 6 avril en dernière page de L'Indépendant)

lundi 3 avril 2017

Chronique "De choses et d'autres" - La chorale des onze

Nouvelle grande première dans cette campagne présidentielle atypique. Après le renoncement du président sortant, le candidat mis en examen et le débat des cinq favoris, place à la grande mêlée. Mardi soir ils seront onze sur le plateau de BFM et Cnews à tenter de persuader les électeurs que leur programme est le meilleur. Onze installés en demi-cercle devant les deux journalistes. Quelques minutes pour convaincre. Car vu le nombre, le temps de parole s’étrécit.
Les favoris auraient pu s’en passer. Par contre les «petits» y trouveront peut-être la seule occasion de se distinguer. Comme ils ne font pas partie du sérail et n’ont absolument rien à perdre, ils se permettront peut-être d’éreinter les pros de la politique. Philippe Poutou, adversaire de la langue de bois, devrait asséner des mots très durs au «banquier». Dupont-Aignan tentera de supplanter un Fillon qu’il estime discrédité. Cheminade veut marcher sur les platebandes de Le Pen.
Le plus imprévisible reste Jean Lassalle. Béarnais au verbe haut, un peu poète, ses envolées à l’Assemblée nationale ont créé le buzz. Qu’il entonne un chant de berger en direct, sa cote grimpera en flèche. S’ils ne veulent pas se faire éliminer à cette «battle», les autres candidats devront relever le gant comme dans The Voice. Marseillaise à droite, Internationale à gauche. Un exercice doublement compliqué pour Macron, qui se sentira obligé de reprendre, en canon, un couplet sur deux de chacun des chants emblématiques. 

jeudi 26 janvier 2012

Billet - Pour ou contre ? Les sites de débats ont le vent en poupe


Est-ce la période électorale qui veut ça ? La dernière mode sur internet est le site de débat. Vous avez un avis ? Partagez-le ! C'est en résumé le concept de ces sites s'adressant au plus grand nombre.

Newsring, Talkeo, Netoo-débats, ils sont de plus en plus nombreux et demandent votre participation à deux niveaux : donner votre opinion, mais également lancer de nouvelles controverses.
Le plus sérieux est sans conteste Newsring. Parrainé par Frédéric Taddéi, il a une rédaction attitrée. Chaque journaliste arbitre le débat et le replace dans son contexte. C'est donc un véritable site d'information, même si au premier abord, on a l'impression d'une simple machine à pondre des OUI (en bleu) et des NON (en rouge) omniprésents sous chaque question. Les rubriques permettent de mieux s'y retrouver, avec beaucoup de politique et d'économie. Mais aussi quelques questions philosophiques comme « Peut-on revendiquer le droit à la paresse ? » (oui à 83 %) ou « La richesse est-elle immorale ? » (non à 64 %). Newsring a su, dès le début, attirer parmi ses contributeurs quelques pointures d'internet. C'est du reste la principale critique : trop d'influenceurs, pas assez de M. Toutlemonde.
Talkeo et et Netoo-débats semblent beaucoup plus simples. Des sujets très futiles sont abordés comme cet improbable «Chimène Badi : aimez-vous son nouveau style ? » et ce commentaire très limite « 30 kilos de moins c'est très bien. Par contre sa coiffure ne lui va pas du tout. » Rappel : Chimène Badi est une chanteuse...