Comment un simple jeu devient une méthode pour tuer ? Réponse dans ce roman du Danois Soren Sveistrup, expert en suspense nordique.
On a tous des souvenirs de parties de cache-cache. Bons ou mauvais. Le plaisir de découvrir quelqu'un à grand renfort de « trouvé ! » tonitruants. La joie de voir le chercheur perdu et de plus en plus « froid ». Aussi parfois la crainte d'être oublié une fois dissimulé dans une cachette a priori parfaite. Ce simple jeu de cache-cache est le fil conducteur de ce très gros thriller de Soren Sveistrup. L'auteur Danois (déjà remarqué dans ses productions audiovisuelles comme The Killing), signe un second roman aussi passionnant et trépidant que son premier coup d'éclat, Octobre. Habitué aux séries, il reprend donc ses deux personnages principaux, deux policiers, Mark Hess et Naia Thulin. A la fin du premier roman, ils ont fait le choix de la séparation. Sentimentale et professionnelle. C'est Mark qui a fuit le Danemark pour intégrer Europol aux Pays-Bas. Naia, triste et déconcertée, abandonne la criminelle pour le service des infractions numériques. Moins anxiogène. Surtout, cela lui permet de dégager du temps pour sa fille, adolescente, et de retrouver l'amour avec un gentil et pépère chef d'entreprise.
Multiplication des pistes
L'intrigue, elle, débute par la disparition d'une jeune femme. On la suit dans une fin de journée angoissante. Elle rentre chez elle en transport en commun tout en recevant des messages sur son téléphone portable. Un harceleur décompte les chiffres du jeu de cache-cache. Tout en les illustrant de photos qu'il prend d'elle dans la rue. Jusqu'à l'ultime cliché, le fameux « trouvé ! » : elle, de dos dans sa cuisine.
Disparition inquiétante avant harcèlement au téléphone : suffisant pour mettre Naia sur l'affaire. Mais son équipe n'est pas assez réactive. La disparue est retrouvée, morte, démembrée, le crâne explosé à coups de hache. Au même moment, Mark est de retour au pays. Son frère, alcoolique, a été victime d'un accident vasculaire cérébral. Il est dans le coma. Plus près de la mort que de la vie. Quand une nouvelle affaire de harcèlement avec référence au célèbre jeu d'enfants est signalée, la police se mobilise. Naia devine qu'il s'agit d'un tueur en série. Elle est réquisitionnée. De même que Mark qui préfère travailler au lieu de se morfondre à l'hôpital. Le couple est reformé. Les ennuis commencent...
Les victimes vont se multiplier. Les pistes aussi. Maris violents, femmes adultères, enfants abandonnés : c'est une vaste radiographie des maux du Danemark qui est proposé indirectement dans ce thriller. Avec en plus la difficulté de communiquer entre les deux collègues et amants. Il faudra qu'ils se retrouvent acculés par le joueur machiavélique pour qu'enfin ils acceptent de solder le passé pour penser à l'avenir.
« Cache-cache » de Soren Sveistrup, Albin Michel, 704 pages, 24,90 €
