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dimanche 8 décembre 2024

BD - "Autopsie" de corps en petits morceaux


Toute enquête policière sur une affaire d’homicide passe par une autopsie. Le personnage principal de cette nouvelle série écrite par Antoine Tracqui et dessinée par Follini et Antiga est Jennie Lund, une jeune médecin légiste à l’institut médico-légal de Göteborg en Suède.

À peine formée, elle doit s’occuper d’une affaire particulièrement sensible et sordide. Dans les bois, des randonneurs ont découvert un homme crucifié sur un arbre. Le tueur lui a coupé les jambes, les bras, le sexe et a retiré ses yeux. A ses pieds, des bouts de chair forment comme un message en langage ancien. D’autres cadavres sont découverts et l’enquête est confiée à l’oncle de Jennie.


Dans des paysages enneigés, entre salle d’autopsie sinistre et lieu de massacre horrifique, l’action est racontée par Jennie, beaucoup plus impliquée qu’elle le croit dans une affaire aux effets dévastateurs. A ne pas mettre entre toutes les mains certaines scènes étant particulièrement gore.
« Autopsie » (tome 1), Oxymore Éditions, 64 pages, 15,95 €

dimanche 10 septembre 2017

Roman - Lecture des entrailles d’un écrivain avec "Mon autopsie" de Jean-Louis Fournier

Iconoclaste. Farfelu. Chantre de l’humour noir. Jean-Louis Fournier accepte toutes les étiquettes. Au point que son dernier ouvrage (présenté comme un roman forcément, mais…) part du principe qu’il est mort. Kaput le Jean-Louis Fournier. Et selon ses dernières volontés, il a donné son corps à la science. Son vieux corps qu’il a traîné toute son existence, entre plateaux de télévision, lieux de tournage de ses documentaires (beaucoup de musées), salons littéraires… Il a eu plusieurs vies professionnelles. Mais une seule mort. Il la raconte avec sa faconde habituelle, usant à tour de rôle de nostalgie, désespoir et salutaire autodérision.

Anxieux, passez votre chemin. La première scène campe le décor: dans « l’amphithéâtre des morts de l’académie de médecine (...) les étudiants vont choisir le cadavre qu’ils vont disséquer pendant l’année universitaire. » Par chance, JeanLouis Fournier est repéré par une charmante étudiante. Il décide de la baptiser Égoïne. Tombe un peu amoureux, évidemment. Il passe de l’humour noir au rire macabre. «Elle est entrée dans ma vie avec une lame ». De bistouri en l’occurrence.

L’auteur va raconter son lent dépeçage. L’étudiante coupe les mains, les observe, puis les pieds et les organes intérieurs, prenant le cœur du romancier en pâmoison devant le minois de son étudiante. Une liste d’organes qui lui permet de revenir sur sa vie, l’autopsie prenant des airs de testament. Et de se remémorer les grandes joies de ce passé révolu, la vie avec sa femme Sylvie, la première fois où il voit son nom dans un générique, sa collaboration puis son amitié avec Pierre Desproges

Ganglion phosphorescent

Égoïne ne sait rien de tout cela. Son cadavre, objet d’étude, n’a pas de nom. Juste de la matière, un exercice pratique. Disséquer les morts pour mieux soigner les vivants, quel paradoxe. Et puis elle arrive au crâne. Extirpe le cerveau, le pèse. Cela n’empêche pas Jean-Louis Fournier de se faire un film : « Sur mon cerveau, elle repère tout de suite une zone très sombre. Certainement là où nichent mes idées noires, le combustible de mon travail, de mes livres, le charbon où j’ai voulu faire naître le feu et la chaleur, mon imagination. Dans le noir, un petit ganglion phosphorescent clignote, peut-être le sens de l’humour. »

De très beaux textes composent ce livre dans lequel Jean-Louis Fournier se met à nu, dans tous les sens du terme, terminant sous forme de fioles et d’os polis par la belle et inabordable Égoïne. 

➤ « Mon autopsie » de JeanLouis Fournier, Stock, 18 €