jeudi 13 octobre 2016

Cinéma - La famille libre et sauvage du "Captain Fantastic"


Vivre en autarcie au cœur des forêts du nord-ouest de USA : la famille de Ben Cash, le « Captain Fantastic », est en marge. Père autoritaire, il doit faire face à une révolte de ses six enfants.


Il y a deux moments clés dans « Captain Fantastic » de Matt Ross. Deux cérémonies d’obsèques diamétralement opposées. La première, dans une église est d’un sinistre absolu. Normal pour un enterrement. Sauf quand la personne décédée a spécifiquement précisé avant sa mort qu’elle voulait une cérémonie joyeuse et festive. La seconde cérémonie, d’un tout autre genre, est emblématique de ce film particulièrement émouvant. Pour cette scène, et bien d’autres avant et après, il faut absolument le voir, s’en imprégner, réfléchir sur notre vie, notre quotidien. Œuvre de salubrité publique, d’intelligence et de liberté, il donne une autre vision de l’Amérique, pas celle de Trump ni de Clinton, plutôt la tendance Bernie Sanders mâtinée d’un peu de préceptes libertariens.

■ Des livres et un tipi

Les premières images de « Captain Fantastic » font un peu penser à l’histoire de « L’enfant sauvage ». Dans une forêt, un jeune homme tue une biche sous les yeux de ses frères et sœurs, dissimulés dans la végétation. Ce n’est pourtant pas un enfant sauvage mais toute une famille qui vit ainsi, dans un tipi, sous les arbres, loin de la civilisation de consommation. Pas de télévision mais beaucoup de livres. Pas de conserves mais un jardin bien entretenu. Cette utopie est possible grâce à Ben (Viggo Mortensen), le père de Bo, Kielyr, Vespyr, Rellian, Zaja et Nai. Six enfants, mais pas de mère. La compagne de Ben, maman de ces six gamins de 17 à 8 ans, est malade. Hospitalisée dans une grande ville du sud du pays, près de ses parents, riches bourgeois, elle est absente. Elle manque aux enfants. Aussi quand Ben et Bo descendent au village se ravitailler et relever leur courrier, il leur tarde d’avoir des nouvelles. Mauvaises nouvelles. Ben annonce qu’elle est morte. Elle a mis fin à ses jours. Mais que la vie continue. Décidés à rendre un dernier hommage à cette maman aimante malgré ses sautes d’humeur, les six jeunes font le forcing pour aller aux obsèques. Refus de Ben dans un premier temps. Mais il cédera, toujours désireux d’apporter le meilleur à ses enfants. A bord de Steve, bus scolaire transformé en gros campingcar, ils partent vers la civilisation, cette Amérique que Ben rejette, que les enfants ne connaissent presque pas. La confrontation entre les deux mondes est source de nombreuses scènes comiques.
De la tentation des hamburgers aux jeunes filles en fleurs en passant par les jeux vidéo, Ben devra se battre pour maintenir un certain état d’esprit et conserver la garde de ses enfants face aux manœuvres procédurières des grands parents (Frank Langella et Ann Dowd). Et dans l’adversité, la famille sauvage se fissurera mais parviendra encore à trouver un terrain d’entente pour qu’une fois de plus la raison et l’intelligence l’emportent. Tel est le message de tolérance de « Captain Fantastic ».
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Viggo Mortensen totalement dans le rôle

Dans le rôle du père et récent veuf, Viggo Mortensen livre une performance de très haut niveau (une nomination aux Oscars est le minimum syndical). L’acteur, rendu si célèbre après son rôle d’Aragorn dans «Le seigneur des anneaux», a pourtant une longue et très diversifiée carrière derrière lui. Il a débuté avec Woody Allen et portait, il y a un peu plus d’un an, le film «Loin des hommes» sur le dilemme d’un instituteur français en pleine Algérie insurrectionnelle. Dans Captain Fantastic, l’athlétique acteur américano-danois n’a pas eu à beaucoup forcer sa nature pour devenir un homme des bois. « Je n’ai pas eu à lire des tonnes de manuels sur la vie en forêt ou en milieu naturel pour me sentir à l’aise sur le tournage, explique-t-il dans des notes de productions. J’ai vécu au nord de l’Idaho, dans un lieu qui ressemble assez à celui où vit la famille Cash au début du film. » Il a même préféré vivre dans la cabane du décor plutôt que dans le confort de l’hôtel réservé à son nom. Et de préciser « J’ai apporté beaucoup de plantes pour le jardin à côté du tipi. J’aime proposer des objets personnels qui semblent coller à l’univers du film. » Bref, un rôle sur mesure qu’il ne pouvait pas refuser.

DE CHOSES ET D'AUTRES - Vertiges

Impossible pour les gens comme moi qui souffrent du vertige de comprendre l'envie de certains de construire des tours de plus en plus hautes. Dubaï qui abrite déjà le Burj Khalifa, le plus haut gratte-ciel du monde (il culmine à 828 mètres), vient de lancer cette semaine la construction annoncée comme la plus haute du monde. L'émirat n'a pas révélé sa hauteur exacte mais elle sera comprise entre 950 et 1100 mètres. Ce n'est pas de l'approximation (je n'accorderai aucune confiance à un architecte qui élabore ses plans avec un pourcentage d'erreur comme pour un vulgaire sondage) mais un secret face à la concurrence. Si moi j'ai le vertige (pas pu dépasser le second étage de la tour Eiffel) les rois du pétrole eux aiment contempler leur désert de haut, de très haut. Dubaï, fier de ses records d'altitude, doit se méfier de l'Arabie Saoudite
Cette autre puissance pétrolière a lancé la construction à Jeddah, ville portuaire sur la mer Rouge, d'une tour qui doit elle culminer à plus d'un kilomètre de hauteur.
Le souci des tours c'est qu'elles peuvent s'écrouler. Comme potentiellement tous les bâtiments en cas de séisme. Mais depuis le premier étage de ma maison de village je tombe de moins haut. Cela suffit à me rassurer. Et explique pourquoi jamais, au grand jamais, je n'imiterai ces milliers de touristes qui feront le déplacement, juste pour un point de vue de quelques minutes.

mercredi 12 octobre 2016

Rentrée littéraire - L'enfance massacrée de Gaël Faye

Gabriel, 10 ans, a tout pour être heureux : famille aimante, copains. La guerre va tout bouleverser.

Le livre dont tout le monde parle en cette rentrée littéraire, « Petit pays » de Gaël Faye est un premier roman. Il est nominé dans quasiment tous les prix et ses ventes décollent. Un engouement général rarement constaté. Presque une autobiographie, l'histoire de Gabriel, petit franco-rwandais vivant au Burundi au début des années 90, a beaucoup de points communs avec la propre enfance de l'auteur. La première partie du roman a parfois des accents pagnolesques. Gabriel, avec ses meilleurs amis, jouent dans les terrains vagues, s'inventent des aventures au volant d'un combi abandonné, chapardent des mangues qu'ils revendent ensuite aux résidents de leur quartier, relativement aisé. Cela paraît presque trop beau. Mais très touchant aussi quand il raconte le repos des petits voleurs « Nos mais étaient poisseuses, nos ongles noirs, nos rires faciles et nos cœurs sucrés. C'était le repos des cueilleurs de mangues ».
On se croirait presque dans la Guerre des boutons, version africaine. Mais la guerre, la craie, va s'inviter dans ce paysage idyllique. D'abord au Rwanda puis au Burundi. Tueries, massacres : les jeux vont tourner à l'aigre. Et c'est dans cette bascule que Gaël Faye marque le plus de points.
En racontant les angoisses de Gabriel il explique comment la peur et la folie meurtrière deviennent le quotidien. Pour Gabriel cela se traduit par d'étranges rêves, entre sécurité et cauchemar, « J'ai rêvé que je dormais paisiblement, en suspension dans un petit nuage douillet formé par les vapeurs de soufre d'un volcan en éruption. »
La suite du roman, après ces passages bucoliques, sont d'une dureté incroyable. Quand Gabriel va à l'école il peut assister presque quotidiennement à des exécutions sommaires ou des lynchages en public. Au bord des routes, les cadavres pourrissent dans l’indifférence générale. Rwanda et Burundi, pays déchirés depuis des décennies par une rivalité entre ethnies (tutsis contre hutus) se transforme en champ de bataille. Une exilée, quand elle revient au pays constate, amère, que « le Rwanda du lait et du miel avait disparu. C'était désormais un charnier à ciel ouvert. »
Exceptionnel par sa force, le témoignage de Gaël Faye vous prendra aux tripes jusque dans les ultimes pages. Un dernier chapitre coup de poing transforme ce roman en véritable chef d'oeuvre
« Petit pays » de Gaël Faye, Grasset, 17 euros


mardi 11 octobre 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Les trumpettes de la renommée

Dans tous les cas de figure, les USA auront un nouveau président original en 2017. Si Hillary Clinton l'emporte, sa seule particularité sera d'être une femme. Si c'est Donald Trump, il faudra compter avec un « maître du monde » misogyne, obsédé, vulgaire et... mal coiffé. Bizarrement, cette dernière tare, longtemps considérée comme la pire dans la bio du milliardaire, fait finalement presque figure de broutille aujourd'hui tant son image s'est détériorée au fil des révélations de la presse, meetings et débats. 48 heures avant celui de dimanche au cours duquel il a comparé sa rivale au « diable », on l'entendait dans un enregistrement datant de 2005 dire tout le bien qu'il pensait de sa stature de célébrité de la télé réalité. « Quand vous êtes une star, les femmes vous laissent tout faire » et de se vanter de pouvoir les tripoter où il veut, comme il veut. Pour certains, Trump n'est qu'un « peloteur ». Pour d'autres, en France notamment, il s'agit d'un « violeur ». 
Dimanche, il est revenu sur l'affaire, des « discussions de vestiaires » selon lui. Pas très sympa pour les sportifs. A se demander comment la plus grande puissance mondiale se retrouve à risquer d'élire président ce que tout psychologue définirait comme un « prédateur sexuel ». Le plus étonnant reste son co-listier, son remplaçant en cas d'empêchement majeur : Mike Pence représente quant à lui le prototype du parfait « chrétien conservateur ». Il s'est déclaré « outré » par les paroles de Trump. Mais en bon catholique, il lui a déjà pardonné. Pas sûr que les femmes aient la même bonté d'âme le 8 novembre.

lundi 10 octobre 2016

Poches - Les femmes sont-elles toujours coupables ?

Au mois de novembre 1953 débute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusée d'avoir tué de sang-froid son amant. La Petite Femelle retrace la quête obsessionnelle que Philippe Jaenada a menée pour rendre justice à cette femme en éclairant sa personnalité d'un nouveau jour. Un récit palpitant, qui défie toutes les règles romanesques.

"La petite femelle", Points, 8,95 euros

La NASA s'attelle à la construction d'une nouvelle sonde spatiale pilotée par une intelligence artificielle appelée Dorothy, conçue par la scientifique Melissa Shepherd. Des erreurs de calcul survenant durant les phases de test, la sonde parvient à s'échapper dans les méandres d'Internet. L'ancien agent de la CIA Wyman Ford est alors appelé pour traquer cette "intelligence" rebelle. Une utopie signée Douglas Preston.
"Le projet K", J'ai Lu, 8 euros

Les affaires ne se bousculent pas dans l'agence n°1 des dames détectives, officine du Botswana. Elles se bousculent même si peu que, pour la première fois dans sa carrière, Precious Ramotswe a accepté de prendre des vacances. Une grosse erreur pour la savoureuse héroïne imaginée par Alexandre McCall Smith, par ailleurs auteur des Chroniques d'Edimbourg.

"Les vacances de Mma Ramotswe", 10/18 inédit, 7,50 euros

DE CHOSES ET D'AUTRES - Grignotez et payez-le


Depuis la rentrée, mon épouse et moi, profitons des matins des week-ends pour rigoler. Le samedi, rires geeks avec « The Big Band Theory » sur NRJ 12 et le dimanche, rires en beauté avec « 2 Broke Girls » sur NT1. Deux chaînes de la TNT, en haute définition, qui en plus proposent ces séries en VO sous-titrée pour ceux qui le désirent. Seul inconvénient, la rafale d'épisodes (une bonne dizaine par matinée) est entrelardée de coupures publicitaires. Je remarque un spot vantant un produit qui contient de la mélatonine, la fameuse hormone miracle pour, en théorie, retrouver des cycles de sommeil réguliers.

Habitué aux sous-titres des séries, je lis inconsciemment le bandeau incrusté sous la pub. Surprise, il y est recommandé de varier son alimentation, de ne pas grignoter ni manger en dehors des repas... Une telle recommandation pour les bonbons ou les céréales du petit déjeuner, je comprends, mais de la mélatonine, des comprimés ? J'obtiens l'explication en fin de spot. Il y est précisé que le produit vanté est un complément alimentaire... Donc l'avertissement est obligatoire. Pas très nécessaire, mais obligatoire.
Pub suivante. On voit une petite fille avec son père regarder avec envie des viennoiseries. Elle parvient à convaincre le papa à entrer dans la boulangerie et il lui achète un gâteau bien gras et sucré. Tout ce qu'il ne faut pas faire pour ne pas grossir. Et cette fois pas de bandeau d'avertissement sur les nécessaires « 5 fruits et légumes par jour ». Normal, la publicité porte sur les avantages d'une... carte bancaire.

dimanche 9 octobre 2016

BD - Vie et mort d'Anna Politkovskaïa



Le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa, journaliste dissidente russe, est abattue devant chez elle. Le jour même de l'anniversaire de Vladimir Poutine, son pire ennemi. La biographie dessinée de cette infatigable protectrice des Droits de l'Homme sort en France pour les dix ans de cette sinistre date. 
Écrit par Francesco Matteuzzi et dessiné par Elisabetta Benfatto, cet album en noir et blanc raconte les dernières années de la reporter, rendue célèbre après ses articles pour dénoncer les exactions de l'armée russe lors de la première guerre de Tchétchénie. Une femme pleine de doute, qui semblait savoir qu'un jour, elle rejoindrait ces témoins qui ont accepté de lui confier des informations. La BD est complétée par des témoignages et un entretien avec des journalistes italiens ayant connu personnellement Ana Politkovskaïa.
« Anna Politkovskaïa, journaliste dissidente », Steinkis, 16 €

samedi 8 octobre 2016

BD - Confidences d'une "Aspie"


Ils sont des milliers a être autistes Asperger. Une forme légère de la maladie, souvent indétectable, notamment chez les femmes. Julie Dachez a longtemps vécu avec un mal-être permanent. La faute à ce syndrome Asperger qui la pousse à fuir la compagnie des gens, préférer les animaux et se passionner pour des sujets au point d'en oublier de manger. Quand elle découvre qu'elle est une "Aspie", sa vie change. Elle accepte son anormalité et décide de la faire reconnaître. La BD dessinée par Mademoiselle Caroline raconte cette prise de conscience et devrait permettre à certains Asperger de se reconnaître ou à leurs proches de modifier leur attitude.

"La différence invisible", Delcourt, 22,95 €

DE CHOSES ET D'AUTRES - La 2e fête du cinéma


Tout le monde veut avoir sa fête. Après la musique et le cinéma (sans oublier le livre, la première depuis des siècles avec la San Jordi), la vidéo à la demande (VOD) se lance dans le mouvement. Vingt ans plus tôt, on parlerait de fête des vidéo-clubs, mais numérisation oblige, ces derniers ont disparu corps et biens et les films arrivent chez vous directement grâce à votre connexion internet. La fête de la VOD consiste à bénéficier d'une promo sur tous les films jusqu'à dimanche (et depuis jeudi). Si d'ordinaire la location d'un titre récent coûte environ 4 euros, ce week-end, fête oblige, le prix est à n 50 %, soit 2 euros tout ronds.

Pratiquement toutes les plates-formes participent car l'initiative vient du syndicat professionnel de ces nouveaux acteurs de la distribution des œuvres cinématographiques. Si l'on compare les prix, on peut avec la même somme, voir un film au cinéma ou quatre, installé dans son canapé, clope au bec, verre de vin à la main et pieds sur la table basse. L'écran est forcément plus petit chez soi mais on dispose de la touche pause en plus.
Le gros avantage aussi de la VOD c'est la diversité. Là où le plus gros des multiplexes vous offre une vingtaine de salles, une plate-forme propose plusieurs milliers de titres à la location. Alors ce week-end, si vous avez la chance de pouvoir "cocooner", profitez-en pour regarder ces films délaissés lors de leur sortie en salle comme "Saint-Amour" (avec Poelvoorde et Depardieu), "Le goût des merveilles" (avec Virginie Efira) ou le délirant mais parfaitement incompris "Zoolander 2" avec Ben Stiller et Penelope Cruz. Bons films !

vendredi 7 octobre 2016

DVD - Mystification anti-capitaliste avec "Merci patron"

François Ruffin a beaucoup de talent. D'acteur, de metteur en scène, de scénariste. Mais surtout de militant, pour un monde plus juste où travailler signifie encore quelque chose. Ce Picard, impliqué dans les luttes ouvrières depuis des décennies, a trouvé sa voie en lançant "Fakir", "Le journal fâché avec tout le monde. Ou presque". Un brûlot contre les dérives du capitalisme, les délocalisations, le chômage de masse, l'abrutissement des ouvriers.


Dans le cadre de ses activités de journaliste, il s'intéresse au cas Bernard Arnault, Pdg du groupe LVMH. Arrivé en sauveur de l'industrie textile, il a finalement tué toute production industrielle en France. Exemple à Poix-du-Nord où étaient fabriqués les costumes Kenzo. Après la délocalisation en Pologne, tout le monde est licencié. Serge et Jocelyne Klur sont dans la panade. Leur maison va bientôt être saisie. Quand François Ruffin les rencontre, il leur propose de devenir actionnaire de LVMH et de prendre la parole lors de l'assemblée générale. Mais rien ne se passe comme prévu. Les petits actionnaires sont cantonnés dans une salle, loin du grand manitou. Ce fiasco est raconté dans les 20 premières minutes du film, conçu comme un reportage. La suite est beaucoup plus originale. François Ruffin va profiter du cas particulier des Klur pour infiltrer le groupe LVMH.

Comme des espions
A base de caméras cachées, d'enregistrements téléphoniques et de rendez-vous avec la garde rapprochée de Bernard Arnault, Ruffin non seulement améliore la situation économique des Klur, leur trouve un emploi (exactement il pousse Carrefour, propriété de Bernard Arnault à embaucher, en CDD puis en CDI Serge pour calmer les "gens de Fakir"), mais surtout dévoile les pratiques peu orthodoxes du grand groupe capitaliste. La vedette du film, en dehors de Ruffin qui endosse le rôle de Jérémie, le fils des Klur, c'est Moutarde, pseudo d'un ancien commissaire, devenu responsable de la sécurité de LVMH. Une machination qui a une morale, étonnant dans notre monde de plus en plus inhumain. 
C'est aussi tout le charme de ce film improbable aux 500 000 entrées. Dans sa version DVD, produite par Fakir, les bonus sont généreux, comme Ruffin et sa bande. Quelques scènes coupées, un entretien avec le réalisateur qui revient longuement sur la genèse du projet et une réjouissante fin de repas, avec l'ensemble des protagonistes du film, où il raconte sa transformation en Jérémie, le faux fils Klur et ses rapports de plus en plus étroits avec Moutarde. Un film dans le film qui est également repris dans un livret compris dans le lot, sans oublier les deux affiches du film par les dessinateurs Soulcié et Lardon.
"Merci Patron", Fakir, 20 euros.